Le Leadership ferme et discret des deux successeurs de Josémaria Escriva: une analyse de John Allen, président de Crux Catholic Media

12 janvier 2017 § Poster un commentaire

Je vous livre ici, une analyse de John Allen, président de Crux Catholic Media, paru dans la revue Palabra de ce mois de janvier 2017. Le journaliste revient sur l’histoire de l’Opus Dei depuis la mort de son fondateur, en 1975. Il souligne l’importance du travail de Javier Echevarria, en matière de communication notamment, avant d’ébaucher le défi auquel sera confronté son successeur
260px-jlallenjr« La mort de Mgr Javier Echevarria, qui a été pendant vingt ans le prélat de l’Opus Dei, place cette organisation catholique influente et renommée face au défi du changement de génération.

Mais l’Opus Dei pourra s’appuyer, pour aborder cette nouvelle étape, sur une base solide, fruit notamment de l’action menée par son dernier prélat, mort le 12 décembre 2016 à l’âge de 84 ans.

Mgr Echevarría avait reçu la charge de Prélat de l’Opus Dei en avril 1994, à la mort de Mgr Alvaro del Portillo, premier successeur et plus proche collaborateur de saint Josemaria Escriva. Ce dernier fonda l’Opus Dei en Espagne, en 1928, et mourut en 1975 alors qu’il était à la tête de cette institution.

Javier Echevarria a été le secrétaire personnel de Mgr Escriva de 1955 à 1975, date à laquelle il devint secrétaire général de l’institution. Lorsqu’en 1982 l’Opus Dei fut érigé en « prélature personnelle », Javier Echevarria en fut nommé vicaire général. Une prélature personnelle est une réalité ecclésiale qui intègre des prêtres et des laïcs unis autour d’une spiritualité spécifique et non en fonction de limites géographiques, comme le fait un diocèse.

À partir du fondateur.

Comme cela se produit pratiquement dans toutes les nouvelles réalités catholiques, qu’elles soient des ordres religieux, des mouvements ou autre chose, l’Opus Dei a été confronté au défi de prouver qu’il pouvait survivre à la mort de son fondateur charismatique.

Mais pour l’Opus Dei, ce défi aura été en un certain sens retardé de 40 ans. En effet, tant Alvaro del Portillo que Javier Echevarria, étaient considérés en interne avant tout comme les interprètes autorisés de la pensée de Mgr Escriva, dont ils avaient été les collaborateurs personnels. C’était un peu comme si le fondateur, même mort, continuait de tenir les rênes.

Maintenant, l’Opus Dei doit vivre par lui-même, sous la direction d’un homme qui n’aura pas été désigné personnellement par saint Josemaria.

Durant ses presque quatre-vingt-dix années d’existence, l’Opus Dei a été un acteur puissant, quoique controversé, de l’Église catholique. Il est à la fois loué pour son engagement dans la formation des laïcs et pour ses œuvres sociales, mais également perçu avec suspicion par certains esprits critiques qui lui reprochent une stricte culture interne et des objectifs politiques ou théologiques profondément conservateurs.

Ces contrastes étaient peut être plus marqués quand Javier Echevarria commença son mandat en 1994, peu après la béatification de Josemaria Escriva par Jean Paul II (1992) qui alimenta d’innombrables polémiques, et bien avant la canonisation du fondateur (2002), ou la publication (2003) du tristement célèbre pseudo-roman de Dan Brown, le Da Vinci Code.

À cette époque, les théories de conspiration et les spéculations sur l’Opus Dei exerçaient un grand attrait, tant dans les cercles laïcs que dans certains milieux de l’Église catholique.

Il y eut un vif débat sur le prétendu pouvoir financier de l’Opus Dei, son attitude envers les femmes, ses pratiques de mortifications corporelles, son prétendu sectarisme et bien d’autres choses, toutes étayées par l’hypothèse que Josemaria Escriva et quelques-uns des premiers membres de l’Opus Dei auraient appuyé le régime fasciste de Franco.

Dans cette atmosphère, les experts de l’Opus Dei remarquaient qu’il y avait deux approches au sein de l’organisation : d’un côté, une politique de fermeture par rapport aux règles du monde extérieur et de l’autre, la transparence jusqu’à rendre compte de la vie interne et de la philosophie de l’institution, avec la conviction que tout contact avec la réalité était préférable à la mythologie et à la « légende noire » qui se diffusait.

En tant que prélat, Javier Echevarria opta pour la transparence et le résultat fut une rapide « normalisation » du statut de l’Opus Dei au sein de l’Église catholique, accompagnée d’une chute du niveau de controverse et d’animosité.

Gestion de la communication

Quand Javier Echevarria commença à exercer sa charge de Prélat, beaucoup d’évêques catholiques considéraient avec méfiance l’idée qu’une initiative liée à l’Opus Dei s’installe dans leur diocèse ; en 2016 cette crainte a presque totalement disparu. Aujourd’hui, la majorité des évêques et autres dignitaires de l’Église regardent l’Opus Dei comme ils regardent Caritas ou l’ordre des Salésiens : un élément de plus dans le mobilier de la salle de séjour catholique.
Sous la direction de Javier Echevarria, la communication de l’Opus Dei est passée d’une réputation que d’aucuns considéraient comme la plus inadaptée de l’Église catholique – refusant par principe de répondre même à des questions légitimes, ce qui ne faisait qu’alimenter son image négative – à ce que l’on estime être la meilleure de Rome.

Aujourd’hui l’Université de la Sainte Croix, dirigée par l’Opus Dei à Rome, organise un cycle de formation pour les journalistes du monde entier (« Church Up Close »), sur la façon dont on couvre les informations du Vatican et du catholicisme. Il est probable que tout responsable catholique qui a besoin d’aide pour comprendre ses problèmes d’image devrait commencer par appeler quelqu’un de l’Opus Dei.
Tout cela résulte d’une politique initiée et confirmée par Javier Echevarria, qui consiste à dire que si nous n’avons rien à cacher, nous n’avons rien à craindre non plus.

Un pasteur dévoué

D’autre part, Javier Echevarria était un pasteur dévoué profondément attentif aux personnes confiées à son attention. Ses amis disent qu’il passait un temps inimaginable, à prier pour les membres de l’Opus Dei dans le monde entier qui avaient perdu des personnes chères, qui étaient malades, qui étaient en chômage, qui souffraient d’une manière ou d’une autre, et qu’il était réellement proche d’eux.

Celui qui succédera à Javier Echevarria à la tête de l’Opus Dei sera confronté à un défi difficile, mais il héritera d’une organisation préparée pour durer très longtemps.

Cela est dû essentiellement à la clairvoyance du fondateur, mais aussi à l’action ferme et surtout discrète exercée par ses deux successeurs immédiats, dont l’un est mort il y a vingt ans, et l’autre a quitté le monde cette année. »

Palabra, janvier 2017, no 647

Retrouvez ici les messages de condoléance parvenus du monde entier, à propos de la mort du second successeur de St Josémaria:
une étonnante variété de personnalités et de situations..mais toujours cette même affection qui fait chaud au coeur 🙂

Epiphanie, cette étoile de la foi qui guide l’homme vers Dieu…

6 janvier 2017 § Poster un commentaire

Epiphanie_01(1)« Combien d’étoiles il y a dans le ciel ! Et pourtant, les Mages en ont suivi une autre, nouvelle, qui brillait pour eux beaucoup plus. Ils avaient scruté longtemps le grand livre du ciel pour trouver une réponse à leurs interrogations – ils avaient le cœur inquiet –, et finalement la lumière était apparue. Cette étoile les a changés. Elle leur a fait oublier leurs intérêts quotidiens, et ils se sont mis tout de suite en chemin. Ils ont écouté une voix qui, de l’intérieur, les poussait à suivre cette lumière – la voix de l’Esprit Saint qui opère chez toutes les personnes – ; et elle les a guidés jusqu’à ce qu’ils trouvent le roi des juifs dans une pauvre maison de Bethléem.

Tout cela est un enseignement pour nous. Aujourd’hui, répéter la question des Mages nous fera du bien : « Où est le roi des juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’Orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui » (Mt 2, 2). Nous sommes sollicités, surtout à une époque comme la nôtre, à nous mettre à la recherche des signes que Dieu offre, sachant qu’ils demandent notre engagement pour les déchiffrer, et comprendre ainsi sa volonté. Nous sommes interpellés à aller à Bethléem pour trouver l’Enfant et sa Mère. Suivons la lumière que Dieu nous offre – toute petite… ; l’hymne du bréviaire nous dit de manière poétique que les Mages lumen requirunt lumine : c’est une petite lumière –, la lumière qui émane du visage du Christ, plein de miséricorde et de fidélité. Et, une fois arrivés devant lui, adorons-le de tout notre cœur, et présentons-lui nos dons : notre liberté, notre intelligence, notre amour. La vraie sagesse se cache dans le visage de cet Enfant. C’est là, dans la simplicité de Bethléem, que se trouve résumée la vie de l’Église. C’est là la source de cette lumière, qui attire à elle toute personne dans le monde, et oriente le chemin des peuples sur la voie de la paix ». Pape François, homélie de la messe de l’Epiphanie du seigneur, 6 /01/16

beablog_02« le Seigneur sait que donner est le propre de ceux qui aiment, et Lui-même nous montre ce qu’Il désire de nous. Ni les richesses, ni les fruits, ni les animaux de la terre, de la mer ou de l’air, ne lui importent, parce que tout est sien; Il veut quelque chose d’intime, que nous devons librement Lui donner: mon fils, donne-moi ton coeur. Vous voyez? Il ne se satisfait pas du partage: Il veut tout. Il ne cherche pas ce qui nous appartient. je le répète: c’est nous-mêmes qu’Il veut. C’est de là, et de là seulement que proviennent tous les autres présents que nous pouvons offrir au Seigneur.

Offrons-Lui, par conséquent, de l’or: l’or fin de notre détachement de la fortune et des biens matériels. N’oublions pas que ce sont des choses bonnes, puisqu’elles viennent de Dieu. Mais le Seigneur a voulu que nous les utilisions sans y attacher notre coeur, en les faisant fructifier pour le bien de l’humanité.

Les biens de la terre ne sont pas mauvais; ils se corrompent quand l’homme les érige en idoles, et quand il se prosterne devant eux; ils s’ennoblissent quand nous les utilisons pour faire le bien, en oeuvrant chrétiennement pour la justice et la charité. Nous ne pouvons poursuivre les biens à la manière d’un homme qui va à la recherche d’un trésor; notre trésor, il est là, couché dans une crèche: c’est le Christ, et tous nos amours doivent se joindre en Lui, car là ou est notre 29 trésor, là aussi est notre coeur ». Saint Josémaria, En l’Epiphanie du Seigneur

Voici deux textes que j’ai trouvé très beaux! je les partage donc avec joie avec vous en cette belle fête de l’Epiphanie que nous fêtons le 6 ou le 8 ou…Les deux! pourquoi pas 🙂

Vivez le 1 janvier 2017 à Rome avec le pape François, à 12h!

30 décembre 2016 § Poster un commentaire

Vous voulez bien commencer l’année 2017? Pourquoi ne pas faire une escapade à Rome sous les fenêtres du Pape François? Le rendez-vous du direct c’est ici à 12!

J’en profite pour vous proposer un extrait de son homélie de Noël, magnifique et pleine d’inspirations pour que 2017 soit vraiment une nouvelle année 🙂

« Le mystère de Noël, qui est lumière et joie, interpelle et bouleverse, parce qu’il est en même temps un mystère d’espérance et de tristesse. Il porte avec lui une saveur de tristesse, en tant que l’amour n’est pas accueilli, la vie est rejetée. C’est ce qui arrive à Joseph et Marie, qui trouvèrent les portes fermées et déposèrent l’enfant dans une mangeoire, « car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune » (v. 7). Jésus naît dans le refus de certains et dans l’indifférence de la plupart. Aujourd’hui ANSA926158_Articoloaussi il peut y avoir la même indifférence, quand Noël devient une fête où les protagonistes sont nous, au lieu de Lui ; quand les lumières du commerce jettent dans l’ombre la lumière de Dieu ; quand nous nous donnons du mal pour les cadeaux et restons insensibles à celui qui est exclus. Cette mondanité nous a pris Noël en otage, il faut s’en libérer !

Mais Noël a surtout une saveur d’espérance parce que, malgré nos ténèbres, la lumière de Dieu resplendit. Sa lumière gracieuse ne fait pas peur ; Dieu, épris de nous, nous attire par sa tendresse, naissant pauvre et fragile au milieu de nous, comme un de nous. Il naît à Bethléem, qui signifie “maison du pain”. Il semble ainsi vouloir nous dire qu’il naît comme pain pour nous ; il vient à la vie pour nous donner sa vie ; il vient dans notre monde pour nous porter son amour. Il ne vient pas pour dévorer et pour commander, mais pour nourrir et servir. Ainsi, il y a un fil direct qui relie la crèche et la croix, où Jésus sera pain rompu : c’est le fil direct de l’amour qui se donne et nous sauve, qui donne lumière à notre vie, paix à nos cœurs. » Pape François,Noël 2016 (texte intégral)

Bonne année à tous!

opus dei communication

Voeux de Mgr Antoine de Rochebrune, vicaire de l’Opus Dei en France

28 décembre 2016 § 2 Commentaires

Je vous transmets avec joie ces voeux, dont la simplicité m’a touchée. Ils s’adressent aussi à vous tous qui nous suivez sur les réseaux sociaux, et avez prié avec nous, lors du rappel à Dieu de Mgr Xavier Echevarria. Je me permets de vous souhaiter à chacun personnellement, une année 2017 pleine d’une joie profonde et marquée du sceau de l’Espérance. Merci de votre fidélité et, à l’année prochaine!

vicaireÔ admirable échange ! Le créateur du genre humain, assumant un corps et une âme, a daigné naître d’une vierge et, devenu homme sans l’intervention de l’homme, Il nous a fait don de sa divinité. (Liturgie des Heures, antienne de l’octave de Noël).

Que signifie cet « admirable échange » dont nous parle la liturgie de l’Église le jour de Noël ? Le Roi des Rois a choisi une mangeoire pour Lui-même, en nous promettant d’entrer dans Son Royaume ! C’est le monde à l’envers ! Pour le Messie attendu depuis tant de siècles, la pauvreté et le froid, et pour ceux qu’Il sauve, la douceur et l’éclat de la vision céleste.

Dieu a choisi une manière et un lieu bien singuliers pour venir au monde et habiter parmi nous : une grotte, dans les alentours de Bethléem. Saint Luc nous rapporte qu’il n’y avait plus de place dans les auberges de la ville natale de David.

Saint Paul a eu l’audace d’écrire dans son épître aux Colossiens que ce petit Enfant de Bethléem était « le Premier-né de toute créature » (Col 1, 15). C’est dire que nous sommes « autorisés » à prendre place dans la crèche comme un personnage de plus, avec le « droit » de devenir le frère ou la sœur du premier-né. Sa Mère, la plus belle de toutes les créatures, veille sur lui, veille sur nous.

La Vierge Marie a connu deux royaumes : le petit royaume de la crèche, qui a reçu la visite des Bergers puis des Rois Mages, puis le Royaume des Cieux, où elle nous attend. Le 12 décembre dernier, par la miséricorde de Dieu, Marie notre Mère a accueilli Mgr Xavier Echevarria, qui fut évêque prélat de l’Opus Dei pendant vingt-deux ans. « Priez pour moi ! », disait-il à ses enfants spirituels et à leurs amis : « je suis le successeur de deux Saints, et je me vois chargé de misères ! ».

C’est une page qui se tourne dans le livre de l’histoire de l’Opus Dei : une page qui reliait au Fondateur tous ceux qui aujourd’hui participent d’une manière ou d’une autre à la vie de cette famille surnaturelle. Nul autre que Mgr Echevarria n’a côtoyé saint Josémaria, ainsi que le bienheureux Alvaro del Portillo, son premier successeur, avec autant d’intimité. Alors que l’année 2016 s’achève, rendons grâce à Dieu pour la fidélité exemplaire de cet homme. Et nous aurons à cœur de prier pour son successeur, et pour les apostolats de l’Opus Dei dans le monde entier.

En ce temps de Noël, nous resserrerons les liens dans nos familles, et les liens de fraternité qui unissent les amis et les fidèles de l’Opus Dei.

À l’aube de l’année 2017, qui marquera le Centenaire des apparitions de Notre Dame à Fatima, prions les uns pour les autres, remplis d’Espérance.

Mgr Antoine de Rochebrune

Bénédiction de Noël du pape François en direct, c’est ici!

25 décembre 2016 § Poster un commentaire

La messe de Minuit en direct de Rome, à 21h 30, c’est ici!

24 décembre 2016 § Poster un commentaire

En réalité, Dieu a choisi de naître petit parce qu’il a voulu être aimé. Voilà comment la logique de Noël est le renversement de la logique mondaine, de la logique du pouvoir, de la logique du commandement, de la logique pharisienne et de la logique de la causalité ou du déterminisme.

Le bienheureux Paul VI, à Noël 1971, affirmait : « Dieu aurait pu venir revêtu de gloire, de splendeur, de lumière, de puissance, pour nous faire peur, pour nous écarquiller les yeux par des merveilles. Non, non ! Il est venu comme le plus petit des êtres, le plus fragile, le plus faible. Pourquoi cela ? Mais pour que personne n’ait honte de l’approcher, pour que personne n’ait peur, pour que tous puissent l’avoir vraiment proche, s’approcher tout près de lui, n’avoir plus aucune distance entre nous et lui. Il y a eu de la part de Dieu un effort pour s’abimer, pour se plonger parmi nous, pour que chacun, je dis chacun de vous, puisse lui dire « tu », puisse avoir confiance, puisse l’approcher, puisse se sentir pensé par lui, aimé par lui… aimé par lui : voyez comme est grande cette parole ! Si vous comprenez cela, si vous vous souvenez de ce que je vous dis, vous avez compris tout le christianisme »   Pape François, Noël 2016

Chantons Noël, joyeux Noël!

23 décembre 2016 § Poster un commentaire

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